Diététicienne Nantes Portrait Entrepreneur

L’école doit permettre l’éveil de l’enfant

Plus jeune, j’ai voulu faire décoratrice d’intérieur, pompier et sage-femme ; j’aimais bien le rapport à l’autre. J’aimais beaucoup jouer et tout ce qui était du domaine créatif, sans oublier les balades à vélo ! Je me souviens que je faisais semblant de partir en camping, je prévoyais toutes mes affaires et je partais faire mon petit tour !

Adèle Diététicienne Nantes Portrait EntrepreneurA l’école, je trouvais les cours intéressants mais ça n’a pas été la période la plus facile. Je trouvais le comportement de certains élèves parfois blessant et dès qu’il y a un problème relationnel, ça a tendance, chez moi, à prendre le dessus sur tout. Pour moi l’école sert à se sociabiliser, à s’éveiller et à s’affirmer. Mon père était instituteur dans une école Freinet, c’est un système que je trouve intéressant ; il ne savait pas forcément par quoi sa journée allait commencer. Un élève pouvait s’intéresser à un sujet en particulier, il allait se documenter à la bibliothèque et en faire ensuite un exposé, mais si l’élève souhaitait faire des maths pendant deux semaines, c’était aussi possible. Il y a une indépendance, un rythme et un respect des choix de l’élève qui peuvent manquer aux écoles traditionnelles. Il faut laisser plus de liberté dans les choix, par exemple en mettant en place des activités libres l’après-midi. Je pense qu’il faut également mettre toutes les matières au même niveau et ne pas imposer une prédominance du français et des maths comme c’est le cas actuellement, toutes ces différentes matières doivent permettre un éveil de l’enfant.

La diététique est un langage que j’ai appris à parler depuis toute petite

Après le Bac, je suis partie en fac de médecine mais ça ne m’a pas plu du tout donc je me suis réorientée vers la diététique. Je me suis intéressée à l’alimentation et au rapport au corps très jeune, dès le CE2 ! C’est un langage que j’ai appris à parler depuis toute petite ! Les problématiques psychologiques autour du poids m’ont toujours intriguée mais je n’avais pas envisagé la diététique auparavant parce que ça me paraissait trop évident ; c’était déjà très présent dans ma vie donc j’avais peur que ça ne le devienne encore plus.

Dans le cadre de mon BTS diététique, j’ai fait des stages en restauration collective dans le milieu scolaire, en hôpital, en gériatrie, et j’ai fait de l’éducation nutritionnelle dans les écoles ; c’est ce qui m’a le plus plu ! On faisait des animations sur l’alimentation donc je développais mes propres outils et jeux, j’adorais ça ! J’ai aussi fait une étude personnelle dans le cadre de ma formation qui m’a amenée à écrire un livre pour enfants. Il a été repéré par une association qui l’a fait éditer et qui a envoyé un exemplaire à tous les enfants souffrant de la pathologie dont traite le livre.

Bien que certains stages aient été plus intéressants que d’autres, je trouvais que globalement, on restait beaucoup en surface et qu’on mettait de côté la partie psychologique. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme en 2012, je ne me voyais pas travailler tout de suite dans ce domaine, j’avais besoin de voir autre chose. Je suis partie vivre à Amsterdam en tant que fille au pair. Là-bas, j’ai fait pas mal de petits jobs dont un à l’école française d’Amsterdam où j’organisais des ateliers pour sensibiliser à l’éducation nutritionnelle. C’était génial car les échanges étaient d’une grande richesse étant donné que les élèves venaient du monde entier ! Durant cette période, j’ai fait énormément de vélo et un jour, alors que je regardais une émission française, j’ai découvert le concept des plombiers à vélo, j’ai trouvé l’idée géniale et je me suis dit : « En rentrant en France, je monte ma boîte à vélo ! » C’est à partir de ce moment-là que l’idée a commencé à germer !

Redonner à l’alimentation une dimension plus psychologique

Je suis rentrée en France avec ce projet en tête, je me suis intéressée à la pleine conscience et à l’intelligence émotionnelle, et j’ai eu envie d’intégrer ces notions à l’alimentation, lui redonner une dimension plus psychologique. Que l’on mange, que l’on boive où que l’on fume, il s’agit souvent d’une manière d’enfouir des émotions qui risqueraient de remonter. On ne règle pas un problème d’alimentation qu’en suivant des régimes et en faisant des restrictions qui génèrent encore plus de frustration !

Adèle Diététicienne Nantes Portrait Entrepreneurs J’ai lancé La Diet’ à Bicyclette en mai 2016 et j’ai continué à poser les fondations jusqu’en septembre de la même année. Je me déplace donc à vélo jusqu’à mes clients pour faire la consultation à leur domicile, sur la ville de Nantes. Cette formule me permet de m’adapter à l’environnement de la personne, de voir concrètement ses habitudes alimentaires. Ca n’est pas du tout le même rapport que si j’accueillais les clients en cabinet. Le fait de faire du vélo entre chaque consultation me permet également de faire le plein d’énergie et d’être complètement attentive pour la personne qui suit !

Contrairement à la majorité des diététiciens, je travaille sans plan alimentaire, c’est à dire que je ne prévois pas les menus et les quantités de mes clients. Je pars du principe que si l’on donne trop de règles et de restrictions, la personne ne va pas les tenir longtemps. Je préfère axer directement sur le plaisir alimentaire, je ne veux pas que mes clients suppriment drastiquement plein de produits de leur placard sinon le jour où ils seront confrontés à ce type d’aliments, ils ne sauront pas gérer. Je préfère qu’ils profitent de ma venue pour justement apprivoiser ces placards.

Mon but est de les amener jusqu’à l’autonomie

Je m’intéresse à leur rythme de vie, au rapport au corps, à leurs habitudes alimentaires, je leur demande s’ils pensent manger des aliments mauvais et qu’est-ce qu’un aliment mauvais selon eux…Tout cela me permet de bien comprendre leur rapport à la nourriture. Au début, le travail que doit faire le client est surtout de l’observation sur son comportement alimentaire. Je pourrais donner des règles mais ça ne l’aiderait pas du tout à se comprendre et à prendre du recul sur ses habitudes. Entre chaque consultation, je leur donne quelques exercices à faire et mon but est de les amener jusqu’à l’autonomie, ce qui n’est pas du tout le cas avec des régimes que l’on doit suivre à la lettre.

Au départ j’avais une patientèle plutôt jeune, qui devient aujourd’hui un peu plus masculine, plus mature, j’ai aussi plus de couples ou de duos mères-filles. On me contacte pour différentes problématiques ; il y a des personnes qui sont au régime depuis des années pour qui le rapport au poids et à la nourriture est un vrai combat, d’autres sont plus sereines et veulent trouver un meilleur équilibre alimentaire, certaines veulent également être accompagnées parce qu’elles ont décidé d’arrêter de fumer par exemple.

Le lancement d’une entreprise n’est que la mise en place des fondations

Quand on commence, c’est forcément difficile car on n’a pas de sécurité financière. Pour ma part, étant donné que mon activité n’est pas risquée, ça a sûrement été moins angoissant que pour d’autres projets. Je n’ai pas eu de gros investissements à faire, j’ai juste eu besoin de mon vélo, de mon site internet et de mon cerveau ! En revanche, comme pour toute création, il a fallu trouver les premiers clients, donc j’ai fait pas mal de choses gratuitement pour me faire connaître, et les doutes sont très présents. J’ai la chance d’avoir des amis qui sont aussi entrepreneurs et ça me rassure de voir qu’on est tous passés par là, ça fait partie du jeu ! J’ai mis entre sept et huit mois avant de pouvoir en tirer un premier revenu. Aujourd’hui, je commence à pouvoir vraiment en vivre.

Adèle Diététicienne Nantes Portrait Entrepreneurs A côté de mes consultations à domicile, je me diversifie en réalisant des ateliers dans des petites boutiques, en conseillant certains restaurants nantais lorsqu’ils changent leur carte, et j’ai réalisé quelques interventions pour la mairie de Nantes. Je suis également en train de mettre en place un partenariat avec un coach sportif pour proposer un programme sur dix semaines qui allie sport et alimentation avec des rendez-vous chaque semaine.

Quand on se lance dans l’entrepreneuriat, il ne faut pas hésiter à faire appel à son réseau, c’est impressionnant tout ce que les gens sont capables de faire pour nous aider ! Je conseillerais également de ne pas vouloir que tout soit parfait dès le début ; on se met souvent une deadline de création qui nous impose une grande pression car tout doit être prêt. Il faut avoir conscience que le lancement d’une entreprise ça n’est que la mise en place des fondations, on a tout le temps de faire évoluer le projet !

Si tu maîtrises quelque chose et que tu aimes ce que tu fais, alors il faut le mettre à profit et le partager

Mon travail est passionnant ; je suis tout le temps contente de me lever le matin et c’est très excitant de ne pas savoir ce qui va se passer dans la journée au niveau des relations humaines. A chaque fois que je rentre de consultation, je suis reboostée ! J’aime le fait d’aider les gens à prendre de la hauteur et le rapport à l’autre est très intime donc l’échange est très fort. C’est important pour moi que mon travail soit cohérent avec mes valeurs éthiques.

Toutes mes expériences professionnelles m’ont servie même si j’ai fait beaucoup de jobs alimentaires par défaut. Pour ma part, le CDI m’angoissait, j’avais le sentiment de me trouver prisonnière d’une situation qui ne me correspondait pas.  J’avais besoin d’un travail qui ait du sens et qui anime quelque chose en moi. Je pense qu’on peut appréhender le travail de deux manières : il y a le côté très terre à terre où l’on travaille pour Adèle Diététicienne Nantes Portrait Entrepreneurs pouvoir vivre, mais quand on a l’énergie et la chance de pouvoir faire autrement, il faut oser ! Chacun a développé ses propres capacités, et quand tu maîtrises quelque chose et que tu aimes ce que tu fais, alors il faut le mettre à profit et le partager !

Le jour où cette activité ne me fera plus vibrer, il est possible que je change mais je continuerai très certainement dans le domaine de l’alimentation et sûrement en tant que travailleur indépendant. Dans les années à venir, peu importe ce que je fais, je veux toujours être en éveil. Il y a tellement de choses à découvrir, je veux continuer à regarder les choses avec les yeux d’enfants !

Je pense qu’une vie est réussie si l’on arrive à se détacher de son égo. Pour le reste, la vie est tellement variable d’un jour à l’autre qu’il est assez difficile de se dire que l’on a réussi ou pas ! Pour moi c’est plein de petites choses, dans des domaines différents qui font que mises bout à bout, on se rend compte qu’on fait un chemin où l’on est plutôt bien avec les gens qui nous accompagnent.