Guillaume Wave Me Up

J’ai voulu être ingénieur dans l’énergie

Petit j’aimais bien les métiers d’action ; j’ai voulu être aventurier, espion, détective…  A l’école, je faisais le pitre mais heureusement je me faisais rarement prendre ! Pour moi, l’école c’était surtout de l’amusement avec les copains, et j’avais la chance de ne pas trop avoir de difficultés en cours. Selon moi, l’école sert à donner un cadre d’épanouissement personnel et professionnel à l’élève. C’est un lieu qui permet d’apprendre à grandir et qui transmet les valeurs de travail qui font qu’il y a société ensuite. C’est aussi là qu’on apprend à se maîtriser et à gérer ses émotions ! En revanche, il faudrait davantage connecter le monde professionnel à l’école. Tous les projets à faire notamment en études supérieures devraient venir d’une entreprise, d’un vrai besoin pour qu’il y ait du sens derrière chacune des actions entreprises. Avec des projets concrets, tu sais que ton travail sera utile et ne sera pas juste une note une fois ton projet terminé !

En grandissant, j’ai été attiré par tout ce qui était lié à la construction donc j’ai commencé à penser au métier d’ingénieur. Je viens d’ailleurs d’une famille où quasiment tout le monde est ingénieur, j’ai donc été inconsciemment ou non très orienté. Mon père a été le directeur du premier parc de loisir sur le thème du développement durable en France, j’ai été sensibilisé assez jeune à tout ce qui touchait à l’environnement et je me suis dit que les enjeux du monde ne pouvaient être réglés que par l’énergie, donc j’ai voulu être ingénieur dans l’énergie.

La découverte du monde associatif

Wave me up entrepreneuriatJ’ai décidé de faire une prépa puis les Mines à Nancy. Arrivé à l’école des Mines, j’ai découvert le monde associatif et j’ai vu à quel point on pouvait faire des choses super et qui nous parlent, contrairement aux matières qui nous sont imposées dont on ne comprend parfois pas vraiment l’utilité. Je me suis investi dans six associations ; j’ai été entre autres le président d’une liste BDE, je participais au journal télévisé des Mines, j’ai fait un voyage humanitaire de trois semaines au Burkina Faso avec Burkin’action, et j’ai également créé un club de surf qui organise un voyage de fin d’année pour faire découvrir aux étudiants ce sport. Toutes ces activités m’ont fait redoubler ma 1ère année ! L’année qui a suivi j’ai entendu parler d’entrepreneuriat avec l’association Enactus qui promeut l’entrepreneuriat social auprès des étudiants. Ça m’a parlé et, en équipe, on a monté un projet sur le gaspillage alimentaire dont le but était de mettre en vente dans les grandes surfaces des fruits et légumes hors calibre. On a mené ce projet pendant un an, ça m’a beaucoup plu mais c’était compliqué de faire changer les mentalités des directeurs des magasins. L’année suivante, parallèlement à mes études, je suis devenu président d’Enactus Mines Nancy et je chapeautais quatre projets d’entrepreneuriat social avec 25 étudiants.

Me connecter à mes vrais choix

En Septembre 2015, avant d’entamer ma dernière année d’études, j’ai participé à Ticket for Change, un programme d’accélération pour lancer une startup sociale, avec un projet Smart grids (réseaux intelligents). En plein milieu du programme, on a eu trois jours d’introspection qui m’ont permis de me connecter à mes vrais choix et non les non-choix, de me rendre compte de ce qui faisait réellement sens pour moi. Finalement, j’ai pris conscience que ce à quoi j’étais vraiment sensible était le bien être des gens. Je pars du postulat qu’on ne peut pas prendre soin du monde si on ne commence pas déjà par prendre soin de soi-même, il faut donc commencer par la santé des gens au sens large : la santé mentale, physique, spirituelle…

Une fois que j’ai eu identifié ce qui m’importait, je me suis demandé qu’est-ce qui, dans mon parcours, serait une solution à ça. J’ai beaucoup réfléchi pour finalement faire un rapprochement avec ma passion du surf et de l’état d’esprit qui en découle. Je me suis rappelé des sorties avec le club de surf que j’avais créé à l’école, à chaque fois les participants changeaient d’état d’esprit à court terme : ils voulaient mieux manger, faire plus attention à leur hygiène de vie…

Mieux gérer son équilibre et gagner en énergie

Equipe wave me up

Guillaume, Lucie et Barbara

A la fin de Ticket for Change j’ai décidé d’ouvrir mon projet à Lucie et Barbara qui apportent de nouvelles dimensions avec leurs compétences respectives en nutrition et en théâtre d’improvisation. Je ne pouvais effectivement pas parler du bien-être sans aborder le sujet de l’alimentation. Hippocrate disait d’ailleurs : « Que ta nourriture soit ton médicament et que ton médicament soit dans ta nourriture ». On s’est formés en Inde à l’Ayurveda, la médecine traditionnelle indienne dont un des piliers est l’alimentation. Son credo consiste à suivre un équilibre quotidien pour ne pas tomber malade car ce sont nos petits excès répétés chaque jour qui sont à l’origine des maladies et autres désagréments.

On a donc créé Wave Me Up en automne 2015, et nous proposons des stages et ateliers d’introspection autour de tout ce qui concerne l’équilibre de vie par le biais de nos trois pilliers : le surf, le théâtre d’impro et l’alimentation. Les stages se déroulent le temps d’un week-end en Vendée ou à Quiberon et permettent aux particuliers, des citadins pour la très grande majorité, de prendre du recul sur leur quotidien et de comprendre comment ils peuvent mieux gérer leur équilibre et gagner en énergie. On leur donne des clés pour se rééquilibrer par la nourriture, par le sport, par l’activité pro ou perso. On s’adresse également aux entreprises qui ont des jeunes équipes où il y a un déséquilibre dans le management, avec des salariés trop ou pas assez impliqués.

Introspection et entrepreneuriat

Avec Wave Me Up, je vois le travail comme un accomplissement de soi, un moyen de se réaliser et d’avoir un impact. Auparavant ça m’est arrivé d’avoir un peu honte de la voie que je prenais lorsque je comparais ma situation à celle de mes amis de promo, aujourd’hui ça n’est plus le cas. Je ne gagne toujours pas beaucoup mais je gagne en richesse personnelle. Je suis convaincu et fier de l’évolution de notre entreprise. Ça n’est pas toujours facile mais je sais pourquoi je le fais et quel impact ça a, c’est suffisant pour décupler mon énergie et ne pas voir le temps passer lorsque je travaille dessus.

Si j’avais un conseil à donner à tous ceux qui voudraient se lancer dans l’entrepreneuriat ça serait de faire beaucoup d’introspection pour trouver quelque chose qui nous touche vraiment. Le MOOC « Devenir entrepreneur du changement » a une partie dédiée à l’introspection qui est très intéressante, je le recommande fortement. Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat il faut connaître et comprendre ses forces, savoir ce qui nous anime et nous touche, à quel problème veut-on apporter une solution et avec quelles valeurs et comment veut-on le faire. Globalement, une fois que tu as répondu à toutes ces questions, tu as ta vocation.

Ce projet est connecté à ce qui me donne énormément d’énergie : le surf. C’est vraiment un projet de cœur alors que le précédent projet sur le gaspillage alimentaire beaucoup moins, je l’ai surtout fait pour l’apprentissage d’un projet entrepreneurial. Quand on crée son entreprise il faut être accroché, il y a des tâches pénibles comme le démarchage ou l’administratif par exemple. Il faut créer une entreprise dont l’activité te plait et te porte sinon c’est impossible de tenir sur la durée, même si c’est une activité qui peut être très lucrative, ça ne suffit pas.

Réussir à ne pas lâcher ses convictions

Wave Me Up entrepreneuriatJe fais parfois des rêves où je tiens un lieu à côté d’un super spot de surf, ça me plairait bien que Wave Me Up évolue dans ce sens dans les années à venir. Un lieu qui incarne physiquement notre projet, où l’on vient pour se ressourcer et qui soit aussi une référence dans le monde du développement personnel.

Si je pouvais permettre au plus grand nombre de comprendre d’où vient notre énergie et comment peut-on l’utiliser au mieux, ça serait une belle réussite. C’est important de savoir comment l’être humain fonctionne et réussir à faire des choses cohérentes avec qui l’on est. Pour moi la réussite c’est glisser dans la résilience, ne pas lâcher ses convictions. Il faut réussir à entreprendre ce que l’on veut apporter dans la société avec notre histoire et par nos valeurs.