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Dès que tu sors de la filière générale on te prend pour quelqu’un de moins intelligent

Plus jeune je voulais être coiffeuse, j’aimais bien le côté « coquette » ! A l’école, ça n’était pas trop ça ; je m’ennuyais, ça ne m’intéressait pas. Je ne voyais pas l’intérêt de certains sujets, je suis d’accord qu’il faut avoir un minimum de culture générale mais il faut aussi rendre ces sujets intéressants pour l’enfant. Il faut qu’il comprenne le sens, pas juste apprendre pour apprendre. Le côté « Ecris, regarde au tableau et tais-toi » ça n’était pas mon truc.

En CM2 j’ai eu l’occasion d’aller dans une école en Autriche et ça m’avait marqué parce que leur fonctionnement était très différent du nôtre. Le matin, ils étudiaient comme nous différentes matières et l’après-midi ils avaient des activités libres, plus créatives et manuelles. Je pense aussi que si on laissait le choix aux élèves de ce qu’ils veulent apprendre, dans une certaine mesure bien sûr, ils seraient plus investis dans leur apprentissage.  Je trouve que l’école nous met dans des cases, on ne laisse pas les élèves assez participer.

A la fin du collège, j’ai choisi la voie de l’apprentissage parce que je voulais être dans le monde du travail rapidement, je voulais plus de pratique et moins de théorie. Mais je voyais bien que ça n’était pas très valorisant de dire que je voulais faire un apprentissage. Il y a une telle distinction entre la filière générale et la filière pro que dès que tu sors de la filière générale on te prend pour quelqu’un de moins intelligent, qui va faire un métier « moins bien ».

Je revenais toujours au même point de départ : « qu’est-ce que je veux faire ? »  

Comme je n’ai pas trouvé d’alternance pour faire un apprentissage dans la coiffure, je me suis orientée, par défaut, vers la vente. J’ai fait un BEP vente en alternance, ensuite je ne savais pas quoi faire alors j’ai décidé de commencer un autre BEP dans la restauration. Ça ne me correspondait pas, j’ai donc arrêté pour revenir à la vente avec un Bac pro commerce et un BTS MUC (Management des Unités Commerciales) en alternance. Avec du recul, je me rends compte que dans la majorité de mes expériences, j’ai eu des relations de confrontation avec ma hiérarchie et je m’ennuyais ; au bout de 6 mois j’avais fait le tour, j’avais besoin de plus !

Quand mon BTS et mon contrat se sont finis, je ne savais pas vraiment vers quoi m’orienter. A chaque fois, je revenais toujours au même point de départ : « qu’est-ce que je veux faire ? »  Pour Pôle Emploi, avec mon BEP vente, mon Bac pro commerce et mon BTS MUC, la question ne se posait pas, il fallait que je travaille dans la vente. Ils m’ont proposé un stage de découverte plus orienté vers le poste d’assistante commerciale dans une agence immobilière, je l’ai fait et j’ai trouvé ça génial !

 J’ai trouvé rapidement un poste dans une agence, mon 1er CDI, c’était parti ! En tant qu’assistante commerciale j’étais à l’accueil de l’agence, je recevais le public et répondais au téléphone. En même temps je m’occupais de la gestion, et de la location, donc il fallait rentrer les mandats, les louer, faire visiter, faire les états des lieux, gérer tous les travaux, et tout ça toute seule ! Il n’y avait pas de reconnaissance, t’es juste un pion, tu vends ou tu loues et puis voilà. Chaque mois on avait des réunions où on faisait le point sur les chiffres de toutes les agences, où il fallait applaudir, et moi je voyais les chiffres augmenter mais pas mon salaire. Au bout d’un an et demi j’ai demandé une rupture conventionnelle.

On se fixe des objectifs en fonction de ce qu’on souhaite gagner

La plante Aloe Vera

La plante Aloe Vera

Quelques mois avant de quitter ce job, j’avais rencontré une ancienne collègue qui vendait des produits à base d’aloe vera en tant que VDI (vendeur à domicile indépendant). Je l’ai recontactée pour lui demander si elle pensait que ce métier pouvait me correspondre et il se trouve qu’elle avait déjà pensé à moi ! J’ai donc décidé de me lancer dans l’aventure avec la marque américaine Forever living products qui fabrique et commercialise des produits (compléments alimentaires et cosmétiques) à base d’aloe vera.

Quand on démarre, la personne qui nous a parrainé va nous accompagner et nous former jusqu’à ce que l’on soit autonome. On se fixe des objectifs en fonction de ce qu’on souhaite gagner et pour atteindre ses objectifs, on réalise des actions : une présentation de produits, un rendez-vous individuel, un atelier… Quand la personne devient autonome, l’idée est qu’elle continue à développer ses ventes selon son objectif et, si elle le souhaite, elle peut s’investir dans le développement de son équipe où elle dupliquera ce qu’on lui a appris.

J’ai donc deux activités principales avec ce métier : la commercialisation et la formation d’équipe. La partie commercialisation ne me dérange pas, car je vois ça plutôt comme de la recommandation. C’est un produit que je consomme tous les jours, je le connais, j’ai de bons résultats avec sur moi, donc j’en suis très satisfaite. C’est naturellement que je le recommande car je suis convaincue des vertus de l’aloe vera. Je ne veux pas vendre à tout prix, je parle du produit et explique ses bienfaits, si les personnes sont convaincues et veulent acheter tant mieux. La marque ne nous fait d’ailleurs aucune formation de vente, on va plutôt nous former sur les produits, la qualité, les bienfaits…

Melissa Forever VDI entrepreneuriat aloe veraL’autre partie, et c’est celle qui m’a le plus attirée et qui m’anime, est le développement d’équipe. J’aime beaucoup transmettre mes connaissances, former et aider l’autre à s’améliorer pour atteindre ses propres objectifs. J’ai envie de m’investir comme on a pu s’investir pour moi. Je pourrais vraiment faire ça tout le temps tellement ça me plait !

Mon revenu est donc double : une partie est liée à la recommandation de produits qui se concrétise par des ventes, et l’autre partie est liée à l’accompagnement d’équipe car la marque me reverse un pourcentage en proportion de ma capacité à transmettre et dupliquer.

Un des meilleurs systèmes

Selon moi c’est un des meilleurs systèmes car on est indépendant mais pas seul. L’équipe est là et nous apporte du soutien, des conseils ; il y a un vrai partage. Lancer son entreprise est plus compliqué, il faut avoir l’idée, souvent un apport financier, et il y a aussi l’aspect administratif qui peut rebuter. Là, j’avais la capacité de me mettre à mon compte « clé en main ».

Melissa Forever VDI entrepreneuriat aloe veraAujourd’hui je peux me fixer moi-même mes objectifs, si dans tant de temps je veux gagner tant, je sais que c’est possible ! En tant que salarié tu ne peux pas te dire ça. Pourquoi certains gagneraient bien et d’autres devraient se limiter au smic ? Il n’y a pas de monde qui sépare les gens qui gagnent 10 000€ et ceux qui gagnent 1 000€. Si
tu veux gagner 10 000€ ça prend du temps, ça n’est pas facile, il y a des obstacles, des doutes, des craintes… mais c’est possible ! Plus j’avance dans le temps, plus je vois que c’est possible, surtout que je rencontre des personnes de chez Forever qui ont atteint cet objectif, sans être plus intelligent et sans être moins humain !

Et pour ceux qui ne veulent pas en faire leur carrière, c’est aussi possible, en fait chacun choisit à quelle hauteur il veut s’investir. Certaines personnes ont déjà un travail et veulent juste un complément de salaire, ce que leur poste actuel ne leur offre pas.

Il faut arrêter avec cette fixette sur le CDI et la sécurité de l’emploi

Quand tu quittes un CDI, tout le monde te dit « Attention, c’est un CDI, tu ne te rends pas compte !  » C’est vrai que ça fait peur, mais j’avais le sentiment de m’accrocher à quelque chose qui n’allait pas beaucoup m’apporter finalement. Et puis il faut arrêter avec cette fixette sur le CDI et la sécurité de l’emploi, demain si ton patron veut te virer, il n’ira pas te demander si tu as quelque chose derrière !

Quand je me suis lancée, j’avais le droit à Pôle Emploi, donc je ne prenais pas un gros risque, il n’y avait pas d’investissements financiers. Si au bout d’un an je n’avais pas accompli l’objectif que je m’étais fixé, j’aurais arrêté et je me serais remise à chercher du travail, je ne perdais rien à essayer !

Si tu travailles, si tu persévères et que tu y crois, tu auras des résultats

La 1ère année, la moitié des personnes arrêtent. Il y a plusieurs raisons à cela : le manque de persévérance, la non-capacité à travailler seul, les freins et les peurs de chacun, parfois ça ne colle pas à la personnalité de la personne, d’autre fois ça peut-être le fait de ne pas tomber dans une bonne équipe donc de ne pas être assez bien accompagné.

J’ai moi-même eu des moments difficiles. J’ai eu des doutes, des « non », des annulations ; il y a plein de fois où j’ai voulu arrêter mais si tu t’arrêtes, tu ne sais pas ce que ça aurait pu donner ! On passe par plein d’états, mais si tu travailles, si tu persévères et que tu y crois, tu auras des résultats. Il n’y a aucune raison que ça ne marche pas, ça a marché pour plein de gens, c’est un schéma qui fonctionne. Souvent c’est nous qui nous bloquons nous-mêmes.

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Melissa et ses managers lors d’un événement Forever

Dans ces moments de doute j’ai eu la chance d’être soutenue et qu’on me dise que c’était normal d’avoir des craintes et des moments où le moral est plus faible. C’est important d’avoir sa famille, une bonne amie à qui en parler, et aussi pour mon cas, ma manager d’équipe et ses managers à elle qui sont aussi passés par-là avant moi ! Quand on se lance dans l’entrepreneuriat il faut être patient et persévérant. Les choses n’arrivent pas en claquant des doigts !

L’important est de savoir « qu’est-ce qu’on fait » et « pourquoi on le fait ».

Ça fait un an et demi que j’ai commencé cette activité, aujourd’hui j’ai une équipe de 36 personnes et je suis aussi en train de comprendre qu’avec ce statut, je vais pouvoir faire autre chose. Plus je vais évoluer, moins je vais y passer du temps. Je vais pouvoir me dégager du temps avec des revenus intéressants pour faire ce que j’ai envie de faire comme m’investir dans d’autres projets. Dans les années à venir, j’ai vraiment envie de m’engager concrètement dans des projets humanitaires, aller au-delà du don financier.

Mes précédentes expériences n’ont pas été un choix conscient, je me cherchais, j’ai eu des opportunités que j’ai saisies mais sans trop grande conviction et c’est certainement pour ça que je ne m’y retrouvais jamais vraiment. On ne travaille pas que pour gagner sa vie, on travaille aussi pour s’accomplir. Un travail doit valoriser les connaissances, les compétences et les capacités que chacun peut avoir. Je ne dis pas que c’est facile parce qu’il faut trouver un job qui nous corresponde pour pouvoir le faire. Pour moi l’important est de savoir « qu’est-ce qu’on fait » et « pourquoi on le fait ».

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Melissa et sa manager Forever

J’ai 29 ans, j’ai commencé à travailler à 15 ans ; j’ai mis 13 ans avant de trouver ma voie. C’est énorme, ce n’est pas du temps de perdu parce que j’ai appris des choses mais c’est quand même beaucoup de temps passé à ne pas faire ce que j’aime.

Il faut être soi-même, ne pas faire semblant parce que la société dit que ou veut que… Il faut pouvoir rêver et concrétiser ses rêves, passer des paroles aux actes, dire quelque chose et le faire, sinon ça n’a pas de sens. Passer du « il faudrait », « j’aimerais » à « je veux », « je le fais et je m’en donne les moyens » !